Florent S.
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Une expérience en demi teinte.
Nous avons déjeuné au Petit Nice cette semaine. Au final, le ressenti est clairement en demi-teinte : une cuisine intéressante, parfois brillante, mais une expérience globale qui ne correspond ni au niveau affiché ni au prix de la prestation. C’était notre première visite au Petit Nice.
Côté cuisine, sérieux et maîtrisé. Le menu dégustation en huit plats est bien construit, avec une vraie identité sur la thématique poissons et fruits de mers. Certaines assiettes se distinguent nettement, notamment ce velouté aux couleurs de la mer accompagné d’un bouillon bleu, très original et particulièrement réussi.
Cela dit, quelques éléments laissent perplexe, par exemple certains poissons manquant d’assaisonnement (la muraille de poisson), ce qui surprend franchement à ce niveau. Et les petits pains qui étaient brûlés. On prend du plaisir, certes, mais pas de manière constante ni mémorable tout au long du repas. Le déjeuner se termine heureusement sur une très bonne note avec le dessert avec du nougat, précis, gourmand et parfaitement exécuté.
Le cadre est indéniablement spectaculaire. La vue sur la mer est superbe, mais le confort réel de la salle pose question. Placés dans un espace très vitré, la chaleur devient rapidement pesante et les reflets du soleil sur l’eau finissent par être fatigants pour les yeux. Sur un déjeuner de plus de deux heures trente, cela nuit clairement à l’expérience. Un meilleur contrôle de la lumière et température serait nécessaire.
Le véritable point faible reste le service. Il n’est ni désagréable ni maladroit, mais manque cruellement de fluidité, de clarté et de naturel. Plusieurs plats sont déposés sans explication, ou sans préciser qu’ils seront complétés ensuite par une sauce : les serveurs repartent, puis reviennent pour finaliser et commenter l’assiette. La première fois, c’est déroutant ; on se demande simplement si le plat est terminé.
Autre exemple révélateur : lors du service du homard, on nous explique très sérieusement qu’il est cuit dans sa carapace, avant de réaliser que c’est évidemment le cas de tout homard. Ce genre de discours laisse une impression maladroite, les présentations sont mécaniques.
Avec le temps, on finit par comprendre le fonctionnement, mais on attend quelque chose de plus fluide, plus discret et mieux orchestré. Les allers-retours constants du personnel sont très visibles, la salle est bruyante, et cassent l’atmosphère. Quand on combine lumière, chaleur, bruit, service, à la fin , on souhaite juste partir. C’est trop. Et le verre de champagne est hors de prix vu la qualité proposé.
Le relationnel est sans doute l’aspect le plus décevant. Très peu d’échanges avec l’équipe, aucune vraie interaction, peu d’occasions de poser des questions ou de partager autour des plats. Même le chef, aperçu en fin de service, est passé sans un mot ni un regard. Personne de la cuisine n’a fait le tour des tables après plus de 2h30 sur place, ce qui reste surprenant et assez rare dans ce type d’établissement. Et l’échange avec le sommelier n’était pas meilleur.
Avant le repas, nous avions prévu de prendre un apéritif au bistrot de l’hôtel (affiché cinq étoiles), le gastronomique n’étant pas encore ouvert. Mais c’est en fait un établissement différent. Là encore, l’expérience n’a pas été à la hauteur : attente sans prise de commande, aucune attention. Nous avons finalement préféré partir nous promener. À l’inverse, le service voiturier a été irréprochable, professionnel et chaleureux. Bravo.
Au final, le sentiment est celui d’une occasion manquée. Oui, la cuisine est intéressante et techniquement solide, avec de beaux moments. Mais l’expérience globale — service, confort, relationnel — ne correspond pas à ce que l’on est en droit d’attendre d’un restaurant étoilés, et avec ce niveau de prix. Une expérience en demi-teinte, et une déception réelle.